Le Burkina Faso réintroduit la peine de mort dans son Code pénal. Les actes de terrorisme, la trahison, l’espionnage, le parricide et l’importation de produits périmés ou interdits ayant entraîné la mort figurent parmi les infractions concernées. Le gouvernement présente cette réforme comme un moyen de renforcer la lutte contre la criminalité, tandis que des organisations de défense des droits humains dénoncent une décision préoccupante.
Un vote unanime à l’Assemblée législative
Le Burkina Faso a adopté un nouveau Code pénal le mardi 20 octobre 2026. Réunis en séance plénière, les 71 membres de l’Assemblée législative du peuple ont approuvé le texte à l’unanimité, selon les informations publiées par les autorités burkinabè et l’Agence d’information du Burkina. Le ministre de la Justice et des Droits humains, Edasso Rodrigue Bayala, a défendu la réforme devant les parlementaires.
Le nouveau texte comprend 933 articles. Il revoit plusieurs dispositions pénales et réintroduit la peine de mort pour des infractions précises. Le gouvernement explique vouloir adapter la législation à la situation sécuritaire du pays et renforcer les sanctions contre les crimes les plus graves.
Quels crimes peuvent être punis de la peine de mort ?
Le nouveau Code pénal prévoit la peine capitale pour les actes de terrorisme, l’espionnage, la trahison et le parricide. La sanction concerne également l’importation de produits périmés ou prohibés lorsque ces produits entraînent la mort.
Le ministre de la Justice a notamment défendu cette mesure en faisant référence au recrutement de combattants par les groupes armés. Selon lui, certains recruteurs feraient croire à leurs candidats qu’ils risquent au maximum la prison à vie en cas d’arrestation. Le gouvernement estime donc nécessaire de durcir les sanctions applicables aux auteurs et complices d’actes terroristes.
Cette réforme ne concerne toutefois pas uniquement la peine capitale. Le Code pénal prévoit également des sanctions renforcées pour certaines infractions routières et financières, une augmentation de plusieurs amendes et de nouvelles dispositions liées aux technologies de l’information. Il réintroduit aussi la pénalisation des délits de presse et prévoit la pénalisation des pratiques homosexuelles et assimilées.
Une abolition qui avait été adoptée en 2018
La peine de mort avait été supprimée du Code pénal burkinabè en 2018. La dernière exécution judiciaire recensée dans le pays remonte à 1988, selon les organisations de défense des droits humains.
Le retour de cette sanction marque donc un changement important dans la politique pénale du pays. Le projet avait été approuvé en Conseil des ministres en décembre 2025, avant d’être soumis à l’Assemblée législative du peuple.
Les organisations de défense des droits humains s’inquiètent
La décision suscite des critiques de la part d’organisations internationales. Human Rights Watch estime que le rétablissement de la peine de mort risque d’aggraver les atteintes aux droits humains, notamment dans un pays où l’organisation dénonce déjà des restrictions des libertés publiques et des défaillances dans le fonctionnement de la justice.
L’organisation met également en garde contre les conséquences d’éventuelles erreurs judiciaires. Une condamnation à mort est irréversible, ce qui rend particulièrement préoccupantes les failles dans les enquêtes et les garanties accordées aux personnes poursuivies.
Le gouvernement burkinabè défend, de son côté, le recours à des sanctions plus sévères pour lutter contre le terrorisme et les infractions les plus graves. Le débat porte désormais sur l’application du nouveau Code pénal et sur ses conséquences pour la justice et les droits fondamentaux au Burkina Faso.
Francia Koné.
















