Ce mercredi 18 mars, l’ONU a publié une information exprimant sa vive inquiétude après l’adoption par le Parlement sénégalais, le 12 mars, d’une loi durcissant les sanctions contre les « actes contre nature », incluant l’homosexualité et sa promotion.
Le texte voté double la peine maximale d’emprisonnement pour les relations homosexuelles consensuelles, la portant à dix ans, et criminalise la « promotion, le soutien ou le financement » présumés de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité.
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a qualifié cette loi de « profondément préoccupante ». Selon lui, elle viole des droits fondamentaux tels que le respect, la dignité, la vie privée, l’égalité, ainsi que les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique.
Il a averti que cette législation expose les individus à des crimes de haine, des abus, des arrestations arbitraires, du chantage et une discrimination généralisée dans l’éducation, la santé, l’emploi et le logement. Le responsable onusien a exhorté le Président sénégalais à ne pas promulguer cette loi et à abroger les dispositions discriminatoires existantes.
L’ONUSIDA a également exprimé sa préoccupation, soulignant que cette loi menace les acquis du pays en matière de lutte contre le VIH. L’agence rappelle que 79 % des personnes vivant avec le VIH au Sénégal ont accès au traitement, mais que les nouvelles infections ont augmenté de 36 % entre 2010 et 2024.
Selon l’ONUSIDA, la criminalisation pousse les populations vulnérables à se détourner des services de santé, aggravant la stigmatisation et compromettant la riposte nationale contre le VIH. Elle appelle les autorités à maintenir une approche fondée sur les données probantes et à garantir l’accès aux services essentiels pour tous, sans discrimination.

















