La liberté de la presse connaît une dégradation mondiale sans précédent, selon le rapport 2026 de Reporters sans frontières. Plus de la moitié des pays sont désormais classés en situation « difficile » ou « très grave », et le score moyen global atteint son niveau le plus bas depuis la création du classement il y a 25 ans.
Les chiffres sont alarmants : 52,2 % des pays présentent une situation préoccupante, contre seulement 13,7 % en 2002. Moins de 1 % de la population mondiale vit aujourd’hui dans un environnement où la liberté de la presse est jugée « bonne ». L’indicateur légal enregistre la plus forte baisse, révélant une criminalisation croissante du journalisme, notamment par l’usage de lois liées à la sécurité nationale pour restreindre l’accès à l’information.
Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF, alerte sur la diversification et la sophistication des attaques contre le droit à l’information. Elle appelle à la mise en place de mécanismes de protection plus efficaces pour les journalistes. Le rapport souligne des évolutions contrastées selon les régions : les États-Unis reculent de sept places, l’Équateur et le Pérou connaissent une forte dégradation, tandis que la Côte d’Ivoire progresse légèrement de 10 places. De la 64e place, le pays se classe désormais au 54e rang.
À l’inverse, la Norvège conserve la première place pour la dixième année consécutive, alors que l’Érythrée reste en dernière position. Les conflits armés aggravent la situation dans des pays comme le Soudan, le Yémen et l’Irak, où les journalistes sont exposés à des risques accrus. En Afrique, le Sahel demeure une zone critique, avec le Niger enregistrant la plus forte baisse du classement en 2026.
Face à cette détérioration, RSF appelle les États et les acteurs internationaux à renforcer les garanties juridiques et les mécanismes de protection. L’organisation insiste sur l’urgence d’enrayer l’érosion du droit à l’information et de préserver le rôle essentiel de la presse dans les sociétés démocratiques.

















