Accra et Bruxelles ont signé le 24 mars leur premier partenariat officiel en matière de sécurité et de défense. L’accord, conclu par la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas et la vice-présidente du Ghana Jane Naana Opoku-Agyemang, marque une étape inédite dans les relations entre l’Union européenne et un pays africain. Il vise à renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme, le partage de renseignements et la gestion des crises.
Ce rapprochement intervient alors que les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest cherchent à contenir l’expansion des violences jihadistes venues du Sahel. La région est devenue l’« épicentre » du terrorisme mondial, concentrant près de la moitié des décès liés à ces violences en 2025, selon l’Indice mondial du terrorisme. Les autorités ghanéennes redoutent une infiltration d’extrémistes et de réseaux criminels transnationaux, malgré l’absence d’attaques majeures sur leur territoire.
L’accord s’inscrit dans un programme de soutien plus large de l’UE, lancé en 2023 et doté de 50 millions d’euros. Ce dispositif prévoit la fourniture d’équipements de sécurité et de renseignement au Ghana. À l’occasion de la signature, Bruxelles a remis à Accra du matériel militaire, dont des drones de surveillance, des canons anti-drones et des motos, afin de renforcer les capacités opérationnelles du pays.
Pour les responsables ghanéens, ce partenariat est essentiel face à l’évolution des menaces sécuritaires. « La nature des défis continue d’évoluer, ce qui exige une collaboration plus étroite », a rappelé le coordinateur de la sécurité nationale, Osman Abdul-Razak. L’UE, de son côté, entend consolider son rôle dans la stabilité du Golfe de Guinée, une zone stratégique où la propagation du jihadisme menace désormais la paix et la sécurité régionales.

















