À l’occasion de la Journée du souvenir et de l’engagement, organisée le 24 mars en Côte d’Ivoire, la Confédération des organisations des victimes des crises (COVICI) a rappelé l’urgence de relancer le processus de réparation et de reconnaissance des victimes des conflits ivoiriens.
Le président du conseil d’administration de la COVICI, Toé Seydou, a exhorté l’État à clarifier le statut des victimes des crises ivoiriennes et à relancer les mécanismes de soutien interrompus. Selon lui, cette commémoration, organisée en partenariat avec l’association italienne Libera, constitue une occasion majeure de porter la voix des victimes auprès des autorités nationales et internationales.
« Nous saisissons toutes les opportunités pour faire entendre la voix des victimes », a-t-il affirmé, insistant sur les défis persistants liés à l’insertion socio-économique, à l’autonomisation et à la prise en charge psychosociale. Il a également déploré l’arrêt de plusieurs dispositifs, tels que la distribution de chèques, l’aide aux orphelins ou encore les activités génératrices de revenus pour les femmes.
La conférence animée par le juriste Ibrahim Bamba a permis de distinguer la justice réparatrice, centrée sur l’indemnisation, de la justice régénérative, qui vise à traiter les causes profondes des injustices. Les participants ont souligné la nécessité d’intégrer les dimensions économiques, sociales et psychologiques dans les politiques publiques.
Selon les chiffres de la COVICI, les crises survenues entre 1990 et 2011 ont généré 874 055 demandes de réparation, dont 316 954 ont été validées. Parmi elles, 84,78 % concernent des destructions de biens, 6 % des meurtres ou disparitions, 8,45 % des blessures graves et 0,77 % des violences basées sur le genre.

















