Confronté à une chute brutale des cours mondiaux et à une crise de surstockage, le gouvernement ivoirien a annoncé ce mercredi 4 mars une réduction significative du prix d’achat du cacao aux producteurs, suscitant de vives inquiétudes dans la filière.
Le gouvernement ivoirien a abaissé d’environ 60 % le prix bord champ du cacao, désormais fixé à 1.200 francs CFA le kilogramme (1,82 €). Cette décision intervient alors que la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, fait face à une importante mévente et à une accumulation de stocks dans les coopératives.
Cette baisse marque un net contraste avec le prix record de 2.800 francs CFA (4,26 €) appliqué l’an dernier, à la veille de la réélection de Alassane Ouattara, un niveau historique qui avait été salué par les planteurs. Après un pic des cours en 2024, le marché international s’est toutefois retourné en 2025 avant de connaître un effondrement cette année.
Actuellement, la tonne de cacao s’échange autour de 2.900 dollars sur le marché international, soit environ 1.600 francs CFA le kilo, contre plus de 11.000 dollars début 2024. Cette situation plaçait le cacao ivoirien jusqu’à 75 % au-dessus du prix mondial. « Le prix international nous oblige à un réajustement », a expliqué le ministre de l’Agriculture, Bruno Koné.
Le décalage entre le prix garanti aux producteurs et les cours mondiaux a entraîné des retards dans les achats ainsi que des pratiques informelles, certains acheteurs proposant des montants inférieurs en échange de paiements immédiats. Plusieurs producteurs dénoncent des arriérés de paiement de plusieurs mois.
Pour tenter d’atténuer l’impact de la crise, le Conseil Café-Cacao avait annoncé le 20 janvier le rachat, à 2.800 francs CFA le kilo, de dizaines de milliers de tonnes de cacao stockées dans les coopératives. La filière cacao représente environ 14 % du PIB ivoirien et fait vivre près de cinq millions de personnes à travers le pays.

















