La grève générale de 72 heures se poursuit au Sénégal ce vendredi 23 octobre 2026. À Dakar, plusieurs secteurs connaissent des perturbations, mai il s le mouvement ne paralyse pas l’ensemble des activités. Les syndicats maintiennent la pression sur le gouvernement, qui conteste la légalité de cette mobilisation.
Plusieurs secteurs touchés par le mouvement
Lancée le mercredi 21 octobre par le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) et plusieurs organisations syndicales, la grève doit prendre fin ce vendredi. Elle concerne des travailleurs de différents secteurs, notamment l’éducation, la santé, la justice, l’énergie et certaines administrations.
Dans l’enseignement, le collectif G7, qui regroupe sept syndicats, a appelé à trois jours de grève dans les établissements scolaires du pays. Il dénonce notamment les retards de paiement de certaines indemnités et le non-respect d’engagements pris par le gouvernement dans le cadre d’un protocole d’accord signé le 16 avril 2026.
L’impact reste toutefois variable selon les secteurs. Le bilan de la première journée, publié par l’Agence de presse sénégalaise (APS), fait état de perturbations limitées dans les transports et l’enseignement, tandis que la santé et l’éducation ont été affectées dans certaines structures.
Dans les transports, les autorités ont notamment eu recours à la réquisition de travailleurs de Dakar Dem Dikk, la société publique de transport. Les transporteurs privés, eux, n’ont pas reçu de mot d’ordre de grève.
Ce que réclament les syndicats
Au cœur du mouvement figurent la hausse du pouvoir d’achat, la revalorisation des salaires et des pensions, le paiement d’indemnités de logement et le respect des accords conclus avec les organisations de travailleurs.
Les syndicats contestent également certaines modifications liées au Code du travail et au Code de la sécurité sociale. Ils reprochent aux autorités de ne pas avoir suffisamment associé les organisations syndicales aux discussions sur ces textes.
Le FSDT a revendiqué un taux de participation de 90 % lors de la première journée. Ce chiffre correspond à l’estimation du collectif syndical et ne constitue pas un bilan indépendant. De leur côté, plusieurs journaux sénégalais ont décrit une mobilisation aux effets inégaux selon les secteurs.
Le gouvernement conteste la légalité de la grève
Le bras de fer ne porte pas uniquement sur les revendications sociales. Le ministère sénégalais chargé du Travail estime que le préavis déposé par les centrales syndicales ne respecte pas les procédures légales nécessaires pour couvrir l’ensemble des secteurs public, parapublic et privé.
Dans un communiqué publié le 20 octobre, le ministère a averti que les travailleurs participant à une grève jugée irrégulière pourraient subir des retenues sur salaire et des sanctions disciplinaires.
Le gouvernement a également appelé les syndicats à suspendre le mouvement et à poursuivre les discussions. Mais le FSDT a maintenu son mot d’ordre pour les trois journées prévues, du 21 au 23 octobre.
À la veille de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, prévue le 31 octobre, les autorités cherchent à préserver le fonctionnement des services publics. Pour les syndicats, l’enjeu reste d’obtenir des réponses concrètes à leurs revendications.
Le bilan définitif de cette mobilisation et les éventuelles suites données aux négociations restent attendus.
Francia Koné.

















