Après cinq ans d’accalmie, la grippe aviaire H5N1 refait surface en Côte d’Ivoire. Le foyer déclaré à Koun-Fao a déjà décimé près de 95 000 volailles et ravive les craintes d’une épizootie aux lourdes conséquences économiques.
Ce 16 avril, les autorités ivoiriennes ont signalé à l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) un foyer de grippe aviaire hautement pathogène dans une exploitation avicole de Koun-Fao, au centre-est du pays. L’origine de l’infection reste indéterminée, mais la souche identifiée, le virus H5N1, est connue pour sa virulence et sa capacité à provoquer des taux de mortalité élevés.
La Côte d’Ivoire avait déjà été confrontée à plusieurs vagues de grippe aviaire. En 2021, un foyer à Grand-Bassam avait entraîné l’abattage de 600 000 volailles et des pertes estimées à 3 milliards FCFA. En 2015, plus de 200 000 oiseaux avaient été abattus préventivement. Depuis, le pays n’avait pas connu de cas majeur, ce qui rend cette résurgence particulièrement préoccupante.
Au-delà des pertes directes dans l’exploitation touchée, ce foyer entraîne des coûts supplémentaires liés aux mesures sanitaires, une perturbation des circuits d’approvisionnement locaux et le risque d’une propagation plus large. Les prochains développements permettront de savoir si ce cas est isolé ou s’il annonce une nouvelle épizootie.
La menace est d’autant plus sérieuse que la filière avicole ivoirienne est en pleine expansion. Le cheptel a presque triplé en dix ans, passant de 57,46 millions de têtes en 2014 à 149,17 millions en 2024. La réapparition du virus pourrait compromettre cette dynamique et fragiliser un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire nationale.

















