Pour la campagne principale de commercialisation du cacao, le kilogramme a été fixé à 2 800 francs CFA, un prix record en Côte d’Ivoire.
Pourtant, de nombreux planteurs n’ont toujours pas été payés. En cause : l’absence de connaissement, document indispensable à l’exportation, qui bloque les coopératives et entraîne l’accumulation des stocks. Reportage à Agboville.
Alpha, producteur de cacao, affirme avoir livré 12 tonnes à sa coopérative sans percevoir le moindre paiement. « Nos produits ne sont plus achetés depuis novembre. Cela nous met en grande difficulté, notamment pour la santé et la scolarité de nos enfants », explique-t-il. D’autres planteurs partagent le même désarroi. Mariétou, 70 ans, ajoute : « Nous ne pouvons pas payer nos travailleurs et personne ne nous explique ce qui se passe. »
Selon deux syndicats agricoles, la crise est liée au retard de délivrance des connaissements. Les sacs de cacao s’entassent dans les entrepôts, obligeant certaines coopératives à louer d’autres espaces pour stocker la production.
Le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Yves Brahima Koné, rassure : « Toute la production sera achetée. Les opérateurs non payés peuvent nous saisir et nous réglerons. »
En attendant, les planteurs craignent que leur cacao perde de la valeur au fil des semaines.

















