Moscou a annoncé le 22 avril la mise en place d’un nouveau quota d’exportation fixé à 20 millions de tonnes pour la période du 1er juin au 30 novembre. Ce contingent inclut notamment 8,7millions de tonnes d’engrais azotés, 4,2 millions de nitrate d’ammonium et plus de 7 millions de tonnes de fertilisants complexes.
Les autorités précisent que ces restrictions visent à garantir l’approvisionnement du marché intérieur, tout en excluant les livraisons humanitaires et celles destinées à l’Abkhazie et à l’Ossétie du Sud.
Cette mesure succède à un précédent quota de 18,7 millions de tonnes en vigueur depuis décembre 2025. Elle intervient alors que la Russie, qui représente environ 20% du commerce mondial d’engrais, vient de lever une suspension temporaire des licences d’exportation de nitrate d’ammonium. L’objectif affiché est de privilégier les besoins agricoles nationaux au moment des semis de printemps.
Parallèlement, le marché international est déjà sous tension. La guerre en Iran et les blocages au détroit d’Ormuz – par lequel transite près d’un tiers des échanges maritimes de fertilisants, ont provoqué une flambée des prix. Le coût de l’urée a doublé depuis février, tandis que les exportations du Golfe se sont effondrées, passant de 1,7 million de tonnes mensuelles à seulement 300 000 en mars. Des dizaines de navires restent immobilisés dans le golfe Persique.
Face à ce risque de pénurie, la FAO a exhorté les États à éviter toute restriction supplémentaire sur l’énergie et les engrais, avertissant qu’une crise des intrants pourrait se transformer en choc alimentaire mondial. Dans le même temps, la Chine maintient ses propres limitations sur l’exportation d’urée, prolongées jusqu’en août 2026, afin de protéger son marché domestique.

















