Dans une lettre ouverte, Nobou Sangah Faustin Edgard appelle à la réconciliation et à la préservation des valeurs ancestrales.
Le roi de Moossou, Sa Majesté Nanan KANGA ASSOUMOU, a été déchaussé par la population au sein de l’église Saint ANTOINE de PADOU, lors d’une messe de Requiem. Il s’agit d’une crise qui touche notre peuple et notre royauté. Cependant, il est important de ne pas dramatiser la situation et plutôt faire des concessions pour apaiser les tensions et trouver des compromis.
Les actions entreprises par la population ne sont pas conformes aux principes catholiques en raison du non-respect de l’intégrité physique, morale et du caractère sacré de l’endroit. J’ai été profondément choqué et anxieux lorsque j’ai appris cette information. Toutefois, j’ai bon espoir qu’avec le soutien des royautés voisines, le témoignage des différentes communautés, la reprise du dialogue, ainsi que l’intervention du gouvernement en tant qu’intermédiaire, une résolution à cette situation puisse être trouvée en suivant la tradition.
Il est nécessaire de renouer les liens, de les renforcer, de sortir de l’amertume, de faire preuve de générosité les uns envers les autres, et surtout de se référer à la célèbre citation : « Asseyons-nous et discutons ». Il est essentiel de communiquer, de s’écouter mutuellement, afin de ne plus jamais assister à de telles situations qui ne font honneur à personne. Nous devons nous efforcer de vivre ensemble, car nous n’avons pas d’autre choix. Sinon, nous sombrerons tous ensemble, ridiculisés par le reste du monde à l’ère du numérique et de la technologie. Il reste un espace pour suivre cette voie ancestrale et future, et chacun doit faire des efforts pour sortir des logiques implacables qui ne représentent pas l’unique sens de la réflexion et de l’harmonie.
Nos liens indéfectibles sont les indicateurs de notre bien-être collectif. Rien, à l’exception de la mort, n’est insoluble sur cette terre. Cela fait appel à notre conscience d’Abouré, à notre équilibre mental et spirituel, ainsi qu’à la transmission générationnelle de nos principes, de nos valeurs et du sacré inhérent à nos us et coutumes.
Tout ce qui arrive à l’humanité, même les événements les plus graves, deviennent un souvenir lointain et s’effacent pour permettre à l’homme de se reconstruire sans cesse. Trouvons la voie du consensus et de l’amélioration perpétuelle.
Il est capital, voire nécessaire, d’éduquer la jeunesse sur les plans social, économique, civique, scolaire et traditionnel. En effet, notre peuple peut périr par manque de connaissance et de sagesse des aînés, qui sont les fondements de nos identités. Réapproprions-nous la mémoire de nos mythes fondateurs, chacun à sa place, et désormais rien n’est insoluble, sauf si nous refusons d’utiliser toutes les voies de recours qui s’offrent à nous.
Je souhaite exprimer mon affection à Moossou, à mes frères et sœurs, à notre peuple, ainsi qu’à ma famille qui incarne notre roi et nos chefs, lieux où mon être et mon esprit résident et demeureront.
Courage à tous et recevez mes plus sincères affectueuses salutations.
Un enfant Abouré et Akan/Ashanti d’Afrique et de la belle Côte d’Ivoire. Comme le poète l’a dit : « Tous les peuples qui trahissent leurs principes seront en déclin. » Ne laissons pas cela nous atteindre, enfants de Moossou.
Nobou Sangah Faustin Edgard.

















