Faustin-Archange Touadéra a prêté serment lundi 30 mars 2026 à Bangui pour un nouveau mandat de sept ans, après sa large victoire à l’élection présidentielle de décembre 2025. Une investiture qui marque l’entrée en vigueur de la VIIe République, dans un contexte politique et sécuritaire encore fragile.
Le président centrafricain, crédité de 77,90 % des suffrages et proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel, entame ce nouveau mandat malgré les contestations de son principal adversaire, Anicet-Georges Dologuélé. La cérémonie d’investiture, organisée dans la capitale, a été l’occasion pour Touadéra de réaffirmer sa légitimité et de lancer officiellement la VIIe République, instaurée par la Constitution adoptée en 2023.
À Bangui, les autorités ont multiplié les travaux d’embellissement en amont de l’événement, réhabilitant infrastructures et espaces publics pour donner l’image d’une ville en mutation. Ces aménagements visaient à accueillir dignement les délégations étrangères et à offrir un cadre symbolique à cette étape institutionnelle.
La cérémonie a réuni plusieurs chefs d’État de la sous-région, membres de la CEMAC, ainsi que le président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye. Présentée par les autorités comme un « moment de communion nationale », l’investiture a toutefois suscité des critiques de l’opposition. Crépin Mboli-Goumba a dénoncé une dérive vers un culte de la personnalité, soulignant le décalage entre la mise en scène officielle et les réalités vécues par la population.
Au-delà de la symbolique, Touadéra devra relever des défis majeurs : la lutte contre la pauvreté, le désengagement progressif des ONG, et surtout les enjeux sécuritaires dans un contexte marqué par la réduction de la présence de la mission des Nations unies. Ce nouveau mandat s’annonce donc comme une épreuve de gouvernance, où l’équilibre entre consolidation institutionnelle et réponses concrètes aux attentes sociales sera déterminant.

















