Un juge d’instruction parisien a été chargé d’enquêter sur l’assassinat d’Ibrahima Coulibaly, ancien chef rebelle ivoirien, survenu en avril 2011. Selon une source proche du dossier, cette enquête vise l’ancien Premier ministre Guillaume Soro et son entourage.
Cette information a été confirmée par une source judiciaire suite à la plainte déposée par la fille du défunt, informe l’Afp. Selon notre source, l’ex-président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro, âgé de 51 ans, ainsi que ses proches, sont accusés de complicité d’assassinat et de torture, en violation de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Poursuivant, notre source a révélé que la plainte déposée à l’époque, Guillaume Soro aurait été le commanditaire de l’enlèvement, de la torture et de l’assassinat d’Ibrahima Coulibaly, surnommé « IB », le 27 avril 2011. La plainte mentionnait également la mort de plusieurs Ivoiriens lors des combats entre factions rivales en juin 2004 à Bouaké et Korhogo, attribuée aux Forces nouvelles de Guillaume Soro.
Clara Ernst-Mollier, juriste au cabinet Ancile avocats dirigé par Me Joseph Breham, l’un des avocats ayant déposé la plainte, dénonce le fait que « malgré les graves soupçons qui pèsent sur lui dans différentes affaires, Guillaume Soro a pu trouver en France un accueil chaleureux et confortable ». Elle ajoute : « Espérons que l’instruction sur les circonstances de la mort d’IB, qui jusqu’à présent était réactive et insensible à toute considération politique, se poursuive de la sorte ».
Réagissant à cette accusation, Me Robin Binsard, l’un des avocats de Guillaume Soro, a déclaré : « Il s’agit d’une procédure calomnieuse et politique, opportunément lancée en mai 2020, près de neuf ans après les faits et à quelques mois de l’élection présidentielle ivoirienne. Nous contestons vivement cette tentative de réécrire mensongèrement l’Histoire ».
Toujours selon notre source, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, n’a pas souhaité commenter cette affaire lorsqu’il a été contacté par l’Afp.
Guillaume Soro était le chef de la rébellion qui contrôlait la moitié nord de la Côte d’Ivoire dans les années 2000. Guillaume Soro avait ensuite été nommé Premier ministre par Alassane Ouattara, avant de rompre avec lui début 2019. En exil, Guillaume Soro a été condamné en 2020 à 20 ans de prison, puis en 2021 à la réclusion à perpétuité, pour « atteinte à la sûreté de l’État », suite à des accusations d’avoir fomenté une « insurrection civile et militaire » visant à renverser le régime du président actuel, Alassane Ouattara, en 2019.
Début mai, Guillaume Soro a déclaré sur sa chaîne YouTube qu’aucune « raison » ne l’empêcherait d’être candidat à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire en 2025.

















