Le capitaine Ibrahim Traoré, chef du régime militaire burkinabè, a réaffirmé dimanche la position de son gouvernement concernant l’arrestation de six fonctionnaires ivoiriens, affirmant qu’ils avaient été interpellés pour « espionnage » après avoir « franchi la frontière » du Burkina Faso.
Cette déclaration, faite lors d’une interview sur la télévision d’État, intervient un mois après l’incident qui a ravivé les tensions entre les deux pays.
Les six agents de la Direction ivoirienne d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides (Daara) avaient été arrêtés fin août par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), des supplétifs de l’armée burkinabè. Si la presse ivoirienne a rapporté que l’arrestation avait eu lieu en territoire ivoirien, le capitaine Traoré a contredit cette version, insistant sur le fait que les fonctionnaires avaient traversé la frontière, ce qui justifie leur détention.
Cette affaire s’ajoute à une série d’incidents frontaliers récents. Le capitaine Traoré a rappelé les arrestations antérieures de gendarmes ivoiriens en 2023 et 2025, libérés par la suite. Il a également dénoncé la mort en juillet de l’influenceur burkinabè Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso, alors qu’il était détenu à Abidjan pour « intelligence avec un État étranger ».
Les circonstances de la mort d’Alino Faso, qualifiée de « suicide » par les autorités ivoiriennes, sont contestées par Ouagadougou qui a ouvert sa propre enquête.
Les relations entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire restent tendues, les deux pays s’accusant mutuellement de tentatives de déstabilisation.
Le capitaine Traoré a souligné que les liens entre les peuples burkinabè et ivoiriens demeurent forts, mais que les divergences politiques persistent. Les deux nations partagent une frontière de près de 600 km, souvent mal délimitée, ce qui alimente les tensions et occasionne régulièrement des arrestations de part et d’autre.

















