Le tribunal de Man a rendu son verdict, le 10 juillet dernier, dans l’affaire qui avait secoué la région du Tonkpi. Près de trois ans après le drame qui a bouleversé Gbatongouin, la justice a tranché : le principal accusé a été condamné à la perpétuité, tandis que sa complice écope de cinq ans de prison.
Goré Bi Blah Mohamed a été condamné à la prison à vie pour le meurtre de l’institutrice Kéké Loyoh Christelle Flavie et de son fils de 7 ans. Sa concubine, Tiémoko Christelle, poursuivie pour complicité, a écopé de cinq années d’emprisonnement.
Le 20 novembre 2023, les habitants de Gbatongouin s’étaient réveillés sous le choc : l’enseignante et son enfant avaient été retrouvés égorgés à leur domicile, un crime qui avait suscité une profonde émotion dans tout le pays.
À la barre, Goré Bi a reconnu les faits et exprimé son repentir : « Je demande pardon à toute la Côte d’Ivoire, au corps enseignant et à tous ceux que j’ai déçus », a-t-il déclaré. Sa compagne, en larmes, a imploré la clémence du tribunal, plaidant pour « une seconde chance » afin de s’occuper de l’enfant qu’elle a mis au monde en détention.
La défense a tenté de faire valoir des troubles psychiatriques, évoquant un diagnostic posé en 2021 et des années de traitement, ainsi qu’une consommation d’alcool et de stupéfiants. L’avocat a insisté sur l’altération des facultés mentales de son client et demandé l’indulgence de la juridiction pour le couple, rappelant que leur enfant est né en prison.
Le ministère de la justice, lui, a souligné la gravité exceptionnelle des faits. Si le procureur a requis la perpétuité pour Goré Bi et vingt ans pour sa concubine, le tribunal a finalement retenu cinq ans de prison contre cette dernière.

















