L’Afrique, qui fournit près de 70 % du cacao mondial, cherche à mieux défendre ses intérêts face à la volatilité des prix et aux nouvelles règles du commerce international. Le 14 juillet 2026, Abuja accueillera un sommet réunissant le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Cameroun. Ces quatre pays, qui représentent 66 % de la production mondiale, lanceront une Alliance pour la valeur ajoutée dans le cacao.
Cette alliance vise à harmoniser les politiques de prix, renforcer la transformation locale et accroître le pouvoir de négociation des producteurs africains face aux multinationales. Elle prolonge l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana, créée en 2018, qui avait déjà permis aux deux premiers producteurs mondiaux d’aligner leurs stratégies et de défendre les revenus des planteurs.
Les enjeux sont considérables. D’abord, la volatilité des cours fragilise les producteurs, après un record de 12 906 dollars la tonne en 2024, les prix ont chuté autour de 3 000-4 000 dollars en 2026 avant de rebondir à 6 000 dollars en juillet. Ensuite, la faible valeur ajoutée locale limite les bénéfices des pays africains, car la transformation et la commercialisation restent concentrées dans les marchés consommateurs. Enfin, la traçabilité et durabilité deviennent cruciales avec l’entrée en vigueur du règlement européen EUDR en décembre 2026, qui impose un suivi strict des parcelles pour tout cacao exporté vers l’Europe.
L’Alliance entend adopter une position commune pour que les coûts de conformité ne pèsent pas sur les petits producteurs, tout en attirant davantage d’investissements industriels. Le véritable défi sera de transformer cette volonté politique en mécanismes concrets et durables, capables de renforcer la place de l’Afrique dans la chaîne mondiale du cacao.

















