La restitution de l’objet sacré, le Djidji Ayokwè, a été officiellement consacrée le 20 février 2026 à Paris, à l’occasion de la cérémonie solennelle de remise à la République de Côte d’Ivoire du tambour parleur dit Djidji Ayokwè, organisée au Musée du quai Branly-Jacques Chirac. La cérémonie s’est tenue devant un parterre de ministres et de diplomates ivoiriens.
Le Djidji Ayokwè, est un tambour parleur sacré du peuple Atchan (Ebrié), communauté autochtone d’Abidjan. Utilisé autrefois pour transmettre des messages codés entre villages, il était également un symbole d’autorité et de cohésion sociale. Selon le Musée du quai Branly – Jacques Chirac, où l’objet était conservé, le Djidji Ayokwè est un imposant tambour en bois sculpté, mesurant environ trois mètres de long et pesant 400 kilogrammes. Il servait à relayer des informations importantes, notamment en période de crise ou de mobilisation communautaire.

D’après un article publié par RFI sur la question des restitutions du patrimoine africain, le tambour a été confisqué en 1916 par l’administration coloniale française, à la suite d’une insurrection des populations locales contre les travaux forcés et l’autorité coloniale. Considéré comme un instrument de mobilisation et donc de résistance, le Djidji Ayokwè fut saisi puis envoyé en France.
Selon les archives relayées par le Musée du quai Branly – Jacques Chirac, l’objet est entré dans les collections publiques françaises au début du XXe siècle, avant d’être intégré aux collections du musée parisien lors de son ouverture en 2006.
Pour la communauté Atchan, le Djidji Ayokwè ne constitue pas un simple instrument de musique, mais un objet sacré incarnant l’âme et l’autorité traditionnelle. Selon plusieurs chercheurs en anthropologie ivoirienne, le tambour jouait un rôle politique et spirituel central, servant de “voix” aux chefs coutumiers.

D’après un article du journal Le Monde consacré aux restitutions d’œuvres africaines, la demande de retour du Djidji Ayokwè s’inscrit dans un mouvement plus large engagé par plusieurs pays africains pour récupérer des biens culturels acquis durant la période coloniale.
La restitution du Djidji Ayokwè s’inscrit dans la dynamique impulsée par le rapport remis en 2018 au Président français par l’économiste sénégalais Felwine Sarr et l’historienne de l’art Bénédicte Savoy. Ce rapport recommandait la restitution d’œuvres africaines acquises dans des conditions contestables durant la colonisation.
Selon le gouvernement français, cité par plusieurs médias internationaux, la remise officielle du tambour à la Côte d’Ivoire traduit la volonté de renforcer la coopération culturelle entre Paris et Abidjan, dans un esprit de reconnaissance historique.

La cérémonie de signature de l’acte de transfert, organisée la semaine dernière en France, marque ainsi une étape décisive avant le retour définitif du tambour au bord de la lagune Ebrié. Selon le ministère ivoirien de la Culture, cet événement constitue “un acte de justice historique et de réparation symbolique”.
« 1916-2026, 110 années d’attente, de mémoire et de résilience. 110 ans qui écrivent aujourd’hui une page mémorielle qui fera date dans l’histoire de notre pays. Aujourd’hui, au Musée du Quai Branly à Paris, c’est chose faite ! Le Djidji Ayokwè revient sur sa terre, auprès des siens, auprès de sa communauté… », a déclaré la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, visiblement ému, lors de la cérémonie officielle.
















