À Abobo, le conte s’est invité au cœur des réflexions sur la cohésion sociale. Ce mercredi 9 septembre, la structure Aplus.Vision a lancé officiellement la 12? édition du Festival international parole de conteur, au Musée Adama Toungara à Abobo sous le thème « La parole, vecteur de paix et de cohésion sociale ».
Dirigée par l’artiste, comédienne, conteuse et écrivaine ivoirienne Koffi Amoin, Commissaire générale du festival, la rencontre avec la presse a permis de dévoiler les grandes lignes de cette nouvelle édition.
Faire de la paix une responsabilité collective
Dans son allocution, Koffi Amoin a placé la paix et la cohésion sociale au cœur de son intervention. Elle a rappelé que la paix constitue une condition essentielle à la stabilité et au développement de la société, tout en appelant chaque citoyen à contribuer à sa préservation.
S’appuyant sur les valeurs véhiculées par L’Abidjanaise, l’hymne national ivoirien, la Commissaire générale a insisté sur l’importance de l’acceptation de l’autre, du dialogue et de la fraternité. Pour elle, la construction d’une société harmonieuse repose sur une responsabilité partagée.
Cette volonté se traduit également par le choix de la statue Akawba comme symbole de cette 12? édition. Présentée comme un symbole de fraternité, d’acceptation de l’autre et de paix, elle illustre l’ambition des organisateurs de faire de la culture un moyen de rapprochement entre les communautés.
Le conte, un art toujours actuel
Loin d’être réduit à une pratique du passé, le conte demeure, selon Koffi Amoin, un véritable outil de sensibilisation et de transmission. Il permet de porter des messages, de transmettre des valeurs et d’aborder les préoccupations de la société contemporaine.
« Qui veut la paix la prépare », a-t-elle notamment déclaré, soulignant que la construction de la paix nécessite l’implication de tous.
Cette édition est également marquée par une innovation celle de la mise en place d’une formation consacrée à l’art du conte. Une initiative destinée à renforcer la transmission et la professionnalisation de cette discipline culturelle.
La sauvegarde du patrimoine au cœur des échanges
La rencontre a par ailleurs été marquée par la présentation de l’œuvre « Le crâne des vainqueurs », un recueil composé de 12 contes. La Commissaire générale a conclu son intervention par une prestation contée, donnant ainsi une dimension pratique au message porté par cette édition.
Prenant la parole au nom de la Direction régionale de la Culture et de la Francophonie d’Abidjan, Alassane Karim a, pour sa part, insisté sur la dimension patrimoniale du conte. Il l’a présenté comme une « fenêtre ouverte » sur les traditions et les ancêtres, permettant aux nouvelles générations de maintenir le lien avec leur héritage culturel.
Il a également réaffirmé l’engagement du ministère de la Culture et de la Francophonie à accompagner les initiatives destinées à promouvoir le conte et à préserver les traditions. Face à l’essor de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies, il a appelé à une vigilance accrue pour que les valeurs culturelles, les traditions et les coutumes continuent d’être transmises aux générations futures.
Avec cette 12? édition, le Festival international de parole et de conte entend ainsi confirmer la place de la culture dans la construction du vivre-ensemble. Entre transmission du patrimoine, formation et sensibilisation, le rendez-vous veut faire de la parole un outil de dialogue, de rapprochement et de consolidation de la paix.
Jj Boussou
















