Les coupures d’électricité répétées ces dernières semaines à Abidjan comme à l’intérieur du pays perturbent de plus en plus le quotidien des ménages ivoiriens et fragilisent l’activité économique. Alors que la demande énergétique croît avec l’urbanisation et l’industrialisation, la question d’une solution durable s’impose : comment garantir une fourniture continue et fiable, tout en accompagnant la modernisation du pays ?
La Compagnie Ivoirienne d’Électricité (CIE) a récemment publié un communiqué pour informer ses abonnés que des perturbations ont été constatées sur certaines lignes de distribution, entraînant des coupures intempestives dans plusieurs zones. Elle précise que ces interruptions sont liées à des travaux de maintenance et à des incidents techniques survenus sur le réseau. Des équipes techniques sont mobilisées en permanence pour rétablir le service dans les meilleurs délais, et un plan de renforcement des infrastructures est en cours afin de réduire la fréquence des coupures et d’améliorer la qualité de la fourniture électrique. La CIE a présenté ses excuses aux abonnés pour les désagréments occasionnés et a réaffirmé son engagement à fournir une énergie fiable et continue, en partenariat avec les autorités compétentes.
Au-delà de cette communication officielle, les conséquences économiques des coupures sont considérables. Les entreprises, notamment les petites et moyennes, voient leur productivité freinée, tandis que des secteurs sensibles comme l’agro-industrie ou le numérique subissent des pertes financières importantes. Les ménages, eux, doivent composer avec des interruptions qui affectent leur confort et leur sécurité. Une situation qui renforce un sentiment de frustration généralisé.
La modernisation du réseau électrique apparaît dès lors comme une priorité nationale. Le développement de nouvelles centrales, la diversification des sources d’énergie, hydroélectricité, gaz, solaire, et l’intégration de technologies de gestion intelligente du réseau sont autant de pistes pour répondre à la demande croissante. Ces investissements structurants nécessitent une coordination étroite entre l’État, la CIE et les partenaires privés afin de garantir leur efficacité et leur pérennité.
La récurrence des coupures met en lumière un enjeu de confiance publique. La transparence de la CIE et une communication proactive sont essentielles pour maintenir le lien avec les usagers.
Au-delà de la réponse immédiate, la Côte d’Ivoire doit accélérer sa transition vers des énergies renouvelables afin de réduire sa dépendance aux aléas techniques et climatiques. Garantir une fourniture électrique stable est un défi stratégique pour l’attractivité du pays, la compétitivité des entreprises et le bien-être des citoyens.
Il faut noter que selon les chiffres de la Banque mondiale, la production d’électricité en Côte d’Ivoire est principalement thermique, basée sur le gaz naturel (environ 70 %), complétée par l’hydroélectricité (environ 30 %). La capacité installée atteignait plus de 3 118 MW en 2024, avec un objectif de plus de 5 000 MW d’ici 2030. Le pays est un exportateur net d’électricité dans la sous-région ouest-africaine.

















