Selon les résultats provisoires annoncés par la Commission Électorale Nationale Autonome (Céna dans la nuit du 13 au 14 avril, Romuald Wadagni s’impose avec 94 % des suffrages exprimés. À 49 ans, l’actuel ministre des Finances succède à Patrice Talon pour un mandat de sept ans, dans un paysage politique où l’opposition apparaît marginalisée.
La Commission électorale nationale autonome (Céna) a livré des chiffres sans appel, Wadagni devance très largement Paul Hounkpè, candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), crédité de seulement 6 % des voix. Ce dernier a d’ailleurs reconnu sa défaite dès l’annonce des résultats provisoires.
Avec près de 59 % de votants, le scrutin affiche une mobilisation supérieure à celle de 2021 (50 %). Ce regain de participation n’a toutefois pas modifié l’équilibre des forces, largement favorable au camp présidentiel.
Depuis 2016, Patrice Talon a remodelé le jeu électoral par des réformes restrictives, notamment le système de parrainage. Résultat, une opposition affaiblie, des candidatures éliminées en amont et des scores massifs pour le pouvoir. Wadagni s’inscrit dans cette continuité, bénéficiant ainsi d’un terrain politique verrouillé à son avantage.
La Cour constitutionnelle doit encore proclamer les résultats définitifs, étape formelle au Bénin. Mais déjà, se pose la question du futur ; comment gouverner sans véritable opposition institutionnelle ? Le risque est celui d’une contestation déplacée vers la rue ou la société civile, faute d’alternance crédible.
Le président de la Céna, Sacca Lafia, a évoqué des « volontés de perturbations » dans le nord, neutralisées par les forces de sécurité. Ces incidents restent flous, laissant planer quelques interrogations sur la transparence du scrutin.
Un score de 94 % consacre la victoire de Wadagni mais interroge sur l’état du pluralisme béninois. Pour ses partisans, c’est la récompense de son action économique. Pour ses critiques, c’est le signe d’un système verrouillé. Dans tous les cas, le nouveau président hérite d’un pouvoir sans partage, mais aussi d’une exigence forte : transformer ce plébiscite en résultats tangibles pour la population.

















