Deux semaines après l’arrestation à Abidjan du journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè et son extradition vers Cotonou, le gouvernement ivoirien s’est enfin exprimé.
Lors du traditionnel compte rendu du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a livré la version officielle des autorités ivoiriennes dans cette affaire qualifiée de « kidnapping » par plusieurs ONG de défense des droits humains.
Selon le ministre de la Communication, les autorités n’avaient pas connaissance du mandat d’arrêt émis par le Bénin contre le journaliste, ni de son statut de réfugié politique. « Les autorités ignoraient son statut de réfugié politique », a-t-il affirmé, ajoutant que la venue de Sossoukpè à Abidjan s’inscrivait dans le cadre d’une invitation du ministère de la Digitalisation.
Amadou Coulibaly a reconnu l’interpellation et l’extradition du journaliste, tout en niant toute irrégularité dans la procédure. « Aucune action illégale n’a été entreprise. Nous avons simplement exécuté un mandat dans le cadre de la coopération judiciaire entre la Côte d’Ivoire et le Bénin », a-t-il précisé.
Cette première réaction officielle n’a toutefois pas dissipé les nombreuses zones d’ombre entourant ce dossier sensible et très médiatisé.
À Cotonou, le gouvernement béninois campe sur sa position. Son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, a confirmé l’arrestation de l’activiste en vertu d’un mandat légal. « Ce sont les agents de police qui l’ont interpellé dans le cadre de la coopération judiciaire entre nos deux pays », a-t-il déclaré, rappelant que le média dirigé par Hugues Sossoukpè est interdit au Bénin.

















