Le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué, le 27 mars 2026, la loi n°2026-08 modifiant l’article 319 du Code pénal. Publié au Journal officiel, le texte durcit les sanctions et élargit le champ des comportements réprimés, en incluant désormais la promotion de certaines pratiques sexuelles.
Adoptée par l’Assemblée nationale le 11 mars, la réforme redéfinit les infractions visées par l’article 319. Elle cible « tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe », ainsi que les pratiques impliquant un cadavre ou un animal.
Le dispositif prévoit des peines de cinq à dix ans de prison, assorties d’amendes pouvant atteindre dix millions de francs CFA. Lorsqu’un mineur est impliqué, la peine devient automatique, sans sursis ni réduction en dessous du seuil minimal.
Au-delà des actes, la loi criminalise désormais l’apologie et la promotion publiques de l’homosexualité, de la bisexualité, de la transidentité et d’autres pratiques assimilées, quel qu’en soit le support : parole, écrit, image ou diffusion en ligne, y compris sur les réseaux sociaux.
Portée et contexte
Cette réforme modifie en profondeur le cadre pénal relatif aux mœurs. Les autorités la présentent comme une clarification du libellé de l’article 319 et un durcissement des réponses judiciaires. Elle intervient dans un climat de débats intenses au Sénégal autour des libertés individuelles, des valeurs sociales et des normes religieuses, où les positions divergent fortement entre acteurs politiques, religieux et société civile.

















