Un différend immobilier entre Moïse Katumbi et son demi-frère Raphaël Katebe Katoto doit connaître une nouvelle étape le 26 octobre 2026. La Cour de cassation est appelée à examiner le dossier, alors que la défense de l’ancien gouverneur du Katanga conteste la procédure.
Plusieurs biens au cœur du dossier
Raphaël Katebe Katoto revendique des droits sur plusieurs propriétés, notamment les résidences de Mulonde, Lofoi et Kashobwe, ainsi que les fermes de Futuka et Munguzi. Il a engagé une procédure judiciaire pour faire valoir ses prétentions.
Le Parquet général près la Cour de cassation a demandé la fixation d’une audience en août 2026. La Cour doit donc se pencher sur cette affaire le 26 octobre.
La défense de Katumbi conteste la procédure
Le camp de Moïse Katumbi remet en cause la compétence de la Cour de cassation dans cette affaire. Ses avocats s’appuient notamment sur des documents attribués à Raphaël Katebe Katoto concernant certaines transactions immobilières.
Parmi ces pièces figure un document relatif à une villa située avenue Lofoi, à Lubumbashi. Katebe Katoto y apparaît comme vendeur et Moïse Katumbi comme acquéreur. D’autres documents datant de 2006 concernent des biens situés à Kashobwe et des installations à Kalemie.
Le camp Katumbi soulève également des questions liées à la prescription et au statut de l’ancien gouverneur au moment des faits évoqués. Ces arguments relèvent de la défense et devront être examinés par la juridiction compétente.
Katebe renvoie l’affaire devant les juges
Raphaël Katebe Katoto affirme, de son côté, que la procédure remonte à 2024. Interrogé le 29 septembre, il a rejeté tout lien entre le dossier judiciaire et son récent séjour à Lubumbashi.
Il a refusé de commenter le fond de l’affaire, en invoquant le secret de l’instruction. Il estime que les différentes parties doivent présenter leurs arguments devant la justice plutôt que dans les médias.
Un dossier dans un contexte politique tendu
Le contentieux familial intervient alors que les deux demi-frères défendent des positions politiques différentes.
Raphaël Katebe Katoto s’est récemment prononcé en faveur du maintien de Félix Tshisekedi au pouvoir au-delà de deux mandats. Moïse Katumbi, figure de l’opposition congolaise, rejette de son côté toute modification constitutionnelle susceptible d’ouvrir la voie à un nouveau mandat du président.
Cette proximité entre le dossier judiciaire et leurs divergences politiques nourrit les accusations d’instrumentalisation de la justice formulées par le camp Katumbi. Ces accusations sont contestées et ne constituent pas, à ce stade, une conclusion judiciaire.
L’ONG Justicia ASBL a également soulevé des interrogations sur la compétence de la Cour de cassation et sur le respect des droits de la défense. Elle demande que les règles de procédure soient strictement respectées.
L’audience prévue le 26 octobre 2026 doit permettre à la Cour de poursuivre l’examen de ce contentieux immobilier qui oppose les deux demi-frères.
Francia Koné.

















