La campagne principale 2026-2027 du cacao s’ouvre ce 1er septembre en Côte d’Ivoire avec un prix aux producteurs qui devrait rester fixé à 1 200 FCFA le kilogramme. Cette décision intervient alors que les cours internationaux sont repartis à la hausse et que les acteurs du secteur redoutent une augmentation de la contrebande vers les pays voisins.
Les producteurs ivoiriens de cacao devraient encore vendre leur kilogramme à 1 200 FCFA pour la campagne principale 2026-2027, qui s’ouvre ce 1er septembre. D’après des sources gouvernementales et industrielles citées par Reuters, le gouvernement devrait maintenir ce prix malgré la remontée récente des cours mondiaux.
Ce montant reste nettement inférieur au prix de 2 800 FCFA le kilogramme fixé au début de la campagne précédente. En mars 2026, le prix garanti avait été ramené à 1 200 FCFA alors que les cours internationaux du cacao avaient fortement reculé après avoir atteint des niveaux historiques.
Le Conseil du Café-Cacao (CCC) avait envisagé une fourchette comprise entre 1 200 et 1 500 FCFA pour la nouvelle campagne. Mais les ventes réalisées à terme entre mars et juin auraient conduit le régulateur à privilégier le niveau le plus bas.
Une source gouvernementale explique que le maintien du prix à 1 200 FCFA serait également lié aux engagements déjà pris par le CCC. L’organisme doit vendre à l’avance une grande partie de la récolte attendue afin de garantir un prix aux producteurs. Selon des sources citées par Reuters, plus de 1,1 million de tonnes auraient ainsi été vendues à des niveaux jugés bas.
Le choix du gouvernement est aussi présenté comme une mesure visant à limiter la pression sur les finances publiques. Une nouvelle hausse du prix garanti pourrait obliger l’État à mobiliser d’importantes ressources pour compenser l’écart entre les prix de vente et le montant versé aux producteurs.
Cette décision intervient pourtant alors que le cacao s’est renchéri sur les marchés internationaux. Après être descendu autour de 2 100 livres sterling la tonne début mars, le cours avait atteint environ 3 800 livres fin juin, avant de dépasser les 4 800 livres.
Le maintien du prix ivoirien pourrait par ailleurs accentuer le risque de sortie frauduleuse du cacao vers les pays voisins. Des acteurs du secteur redoutent notamment une hausse de la contrebande vers le Ghana, la Guinée et le Liberia, où les conditions fiscales peuvent rendre les ventes plus attractives.
Le Ghana, deuxième producteur mondial, devrait lui aussi conserver son niveau actuel pour la nouvelle campagne, soit environ 2 000 FCFA le kilogramme. Toutefois, son système évolue : une nouvelle loi permet désormais au Ghana Cocoa Board de réviser le prix aux producteurs au cours de la saison.
La Guinée et le Liberia, malgré une production locale limitée, exportent également des volumes importants de cacao. Les acteurs du secteur estiment leurs exportations annuelles à environ 100 000 tonnes pour la Guinée et 30 000 tonnes pour le Liberia.
Pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, le maintien du prix à 1 200 FCFA apparaît donc comme un compromis entre la nécessité de soutenir les producteurs, les engagements déjà pris sur les marchés et la volonté de préserver les finances publiques.
Francia Koné.

















