Le mot d’ordre de grève lancé par le SYNAP-CI ne fait pas l’unanimité dans la filière café-cacao. À Daloa puis à Abidjan, plusieurs producteurs et responsables professionnels ont appelé à privilégier le dialogue et à éviter toute interruption de la commercialisation.
Des producteurs se désolidarisent du mouvement
Ce vendredi 25 septembre 2026 à Daloa, des producteurs et responsables de coopératives du Haut-Sassandra ont annoncé leur opposition à la grève générale et illimitée du SYNAP-CI.
Réunis au siège de l’Entreprise coopérative des agriculteurs modernes (ECAM), ils ont estimé qu’un mouvement au nom de l’ensemble des producteurs devait reposer sur un mandat clairement établi.
Ils se sont également prononcés contre toute action pouvant empêcher la commercialisation du café et du cacao. Selon eux, un arrêt des activités pourrait directement réduire les revenus des producteurs, alors que plusieurs familles font face aux dépenses liées à la rentrée scolaire.
Le dialogue plutôt que l’arrêt des activités
Les producteurs du Haut-Sassandra souhaitent que les revendications de la filière soient examinées dans les cadres de concertation existants.
Ils ont notamment cité l’OIA Café-Cacao et appelé le SYNAP-CI à éviter toute action susceptible de perturber la campagne 2026-2027.
Le même appel a été lancé le lendemain à Abidjan. Des responsables syndicaux, des représentants de producteurs et des organisations professionnelles se sont retrouvés à l’Ivotel, au Plateau.
Les participants ont demandé la suspension de tout mouvement de grève et privilégié les discussions avec les autorités ainsi qu’avec les structures chargées de la gestion de la filière.
63 organisations déjà consultées
Selon les organisateurs de la rencontre d’Abidjan, 63 organisations sur les 90 recensées dans la filière avaient déjà été consultées dans le cadre de cette démarche.
Les participants reconnaissent les difficultés auxquelles les producteurs sont confrontés. Ils souhaitent toutefois que les solutions soient recherchées dans un cadre collectif et institutionnel, sans bloquer la commercialisation.
Le SYNAP-CI maintient ses revendications
De son côté, le SYNAP-CI poursuit sa mobilisation dans les zones productrices.
Le syndicat a lancé sa grève le 16 septembre 2026. Il réclame notamment une amélioration du prix d’achat du cacao bord-champ, l’enlèvement des stocks résiduels et le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao.
La filière se retrouve ainsi avec des positions différentes. Le SYNAP-CI maintient son mouvement et ses revendications, tandis que d’autres producteurs et organisations demandent la poursuite des activités et privilégient le dialogue avec les autorités.
Francia Koné.

















