Nick Checker, ancien analyste de la CIA et actuel conseiller Afrique au Département d’État américain, a exposé ce jeudi 26 mars la nouvelle stratégie de Washington envers le continent ; passer d’une logique d’aide au développement à une relation fondée sur le commerce et l’investissement.
Lors d’une intervention digitale diffusée par le Département d’État, Nick Checker a détaillé la réorientation de l’approche américaine en Afrique, au terme d’une tournée dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Selon lui, « les États-Unis sont passés de l’aide au commerce en Afrique (…) Nous abordons les pays africains non pas comme des bénéficiaires d’aide, mais comme des partenaires commerciaux compétents ».
Cette stratégie vise à accroître les exportations et les investissements américains sur le continent, tout en exploitant les ressources naturelles et le potentiel économique de l’Afrique. Washington entend ainsi promouvoir une prospérité mutuelle et renforcer ses liens économiques avec les États africains.
Ce virage intervient dans un contexte délicat : la fermeture brutale des deux bases militaires américaines au Niger fin 2023, consécutive au renversement du président Mohamed Bazoum. Depuis, les États-Unis renégocient leur présence au Sahel central, privilégiant désormais une approche bilatérale avec chaque État, plutôt qu’une coordination multilatérale avec les partenaires européens (France, Italie, Allemagne) qui avaient longtemps structuré l’action occidentale dans la région.
Cette inflexion traduit une volonté de Washington de redéfinir son rôle au Sahel, en misant davantage sur l’économie et les relations directes avec les gouvernements locaux, plutôt que sur une coopération sécuritaire collective.

















