L’arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud, ce mercredi 15 avril, a immédiatement suscité des réactions diplomatiques. La Présidence béninoise a annoncé qu’elle préparait l’envoi d’une délégation pour engager les démarches d’extradition.
Le militant panafricaniste, âgé de 44 ans et déchu de la nationalité française en 2024, dispose d’un passeport diplomatique nigérien. Selon Cotonou, il aurait exprimé le souhait d’être rapatrié vers le Niger plutôt que vers le Bénin, pays où il est poursuivi pour des faits liés à la sûreté de l’État.
Les circonstances de son interpellation à Pretoria sont liées à une tentative présumée de passage illégal vers le Zimbabwe. La police sud-africaine affirme que Seba, son fils et un facilitateur auraient voulu franchir le fleuve Limpopo pour rejoindre l’Europe. Le passeur aurait perçu environ 250 000 rands (près de 13 000 euros) pour organiser cette traversée. Les trois hommes ont été placés en détention provisoire et doivent comparaître le 20 avril dans le cadre d’une procédure d’extradition.
Figure médiatique du panafricanisme, Kemi Seba revendique plus d’1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux. À travers son ONG « Urgences panafricanistes », il s’est imposé comme un critique virulent de la France et des élites africaines jugées trop proches de Paris. Ses prises de position radicales lui valent une forte audience mais aussi de nombreuses poursuites judiciaires, notamment au Bénin où il est accusé d’« apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et d’« incitation à la rébellion », après avoir salué une tentative de putsch contre le président Patrice Talon.
Au-delà des accusations locales, Seba a également été entendu en France dans une enquête sur d’éventuels liens avec le groupe paramilitaire russe Wagner, qu’il nie. Son arrestation en Afrique du Sud relance un dossier sensible, à la croisée des enjeux judiciaires et géopolitiques. Entre le Bénin, le Niger et les autorités sud-africaines, l’affaire illustre les tensions autour d’une personnalité dont l’activisme radical continue de polariser le débat panafricaniste.
















