Le président du Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a animé une conférence de presse ce jeudi 26 juin à Abidjan. Face aux médias, il a abordé deux dossiers qu’il considère comme prioritaires pour le pays : les déguerpissements intervenus à Koumassi Campement et la réforme du système électoral ivoirien.
Dans son introduction, l’ancien ministre de la Jeunesse a souligné que ces deux dossiers traitent d’enjeux essentiels. « Le premier fait appel à notre conscience collective et à notre humanité. Le second détermine l’avenir de la nation », a-t-il affirmé, avant d’indiquer vouloir aborder « les opérations de déguerpissement en cours dans le district d’Abidjan, notamment à Koumassi Campement, ainsi que l’organisation du futur organe électoral ».
Évoquant les destructions survenues le 3 juin dernier à Koumassi Campement, Charles Blé Goudé les a qualifiées de « drame humain ». Selon lui, des centaines de familles ont perdu leur logement en pleine saison des pluies, à un moment où de nombreux élèves se préparaient à passer leurs examens de fin d’année. « Ce qui s’est passé à Koumassi Campement est un drame humain qui mérite l’attention de la nation entière », a-t-il insisté, rappelant que derrière chaque habitation détruite se cachent « des décennies de sacrifices et d’efforts ».
Le leader politique a également plaidé en faveur d’une indemnisation des victimes. À ses yeux, « une République moderne ne doit pas rester indifférente lorsque des centaines de ses citoyens se retrouvent brutalement privés de leurs logements ». Il a révélé que son parti avait déjà apporté une assistance matérielle et médicale aux populations sinistrées, tout en mettant à leur disposition une équipe d’avocats chargée de défendre leurs droits.
Pour Charles Blé Goudé, cette affaire dépasse largement le cadre de Koumassi Campement et soulève une interrogation plus profonde sur la protection des citoyens. « Quel niveau de protection la République garantit-elle à ses citoyens face à l’arbitraire ? », s’est-il demandé. Il a soutenu qu’« un État fort n’est pas un État qui impose sa puissance aux citoyens, mais un État qui protège les plus vulnérables contre toute forme d’abus, d’injustice et d’arbitraire ».
Abordant ensuite la réforme du système électoral, le président du COJEP a rappelé que sa formation politique dénonçait depuis plusieurs années les insuffisances de l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI), dissoute par le gouvernement le 6 mai dernier. S’il considère que la volonté de réformer le dispositif constitue « un progrès », il estime que l’essentiel réside désormais dans les garanties d’indépendance des futures institutions électorales.
« La véritable question est de savoir comment garantir l’indépendance réelle, l’impartialité effective et l’autonomie fonctionnelle des futurs organes qui seront créés », a-t-il affirmé. À cet effet, le COJEP réclame davantage de précisions sur les modalités de désignation des membres, les mécanismes garantissant leur neutralité ainsi que les dispositifs assurant la traçabilité des résultats électoraux.
Charles Blé Goudé a par ailleurs souligné la nécessité d’une réforme fondée sur le dialogue et le consensus. D’après lui, « les règles du jeu électoral doivent faire l’unanimité pour que les résultats soient reconnus par tous ». Il a rappelé que la Côte d’Ivoire a « trop souffert des crises électorales » pour se contenter d’une réforme institutionnelle superficielle. Il appelle de ses vœux la mise en place d’« une institution indépendante de l’exécutif et des partis politiques », ainsi que d’« un système électoral capable de garantir la sérénité des vainqueurs comme des vaincus ».
Charles Blé Goudé a terminé son allocut appelé le gouvernement à engager un dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs politiques et sociaux afin de bâtir une réforme électorale fondée sur le consensus. Il a réaffirmé son ambition de contribuer à l’édification d’une Côte d’Ivoire plus démocratique, plus juste et respectueuse des droits de tous.
JJ Boussou

















