Envoyer de l’argent depuis son téléphone peut désormais coûter moins cher, à condition de connaître les nouvelles règles. Depuis le lundi 2 novembre, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) encadre les frais des transferts de monnaie électronique entre particuliers. Le seuil de gratuité est fixé à 8 000 FCFA par jour. Mais cette mesure ne concerne pas toutes les opérations Mobile Money.
8 000 FCFA gratuits mais sur l’ensemble de la journée
La nouvelle règle est entrée en vigueur le 2 novembre 2026, conformément à l’avis n°0019 publié par la BCEAO le 2 octobre dernier. Elle concerne les transferts nationaux entre personnes physiques effectués par l’intermédiaire de la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI).
Désormais, les sommes envoyées par un même utilisateur sont gratuites tant que leur montant cumulé ne dépasse pas 8 000 FCFA dans la journée, auprès d’un même établissement participant. Le nombre d’opérations n’est pas limité.
Concrètement, une personne qui envoie 3 000 FCFA le matin, puis 5 000 FCFA dans l’après-midi, reste dans la limite de gratuité. En revanche, si elle effectue un autre transfert de 2 000 FCFA le même jour, elle dépasse le seuil fixé.
Au-delà de cette limite, les établissements peuvent appliquer des frais compris entre 0 et 0,8 % du montant hors taxes du transfert. Le taux exact dépend donc de la tarification appliquée par le prestataire. La BCEAO fixe un plafond mais n’impose pas à tous les opérateurs de facturer systématiquement 0,8 %.
Recevoir de l’argent reste gratuit
La réforme prévoit également une mesure favorable aux bénéficiaires. La réception des transferts reste gratuite, quel que soit le montant reçu et le nombre d’opérations effectuées.
Autrement dit, les frais éventuels concernent l’envoi au-delà du seuil quotidien. La personne qui reçoit l’argent ne doit pas payer de frais de réception dans le cadre de ces transferts.
Cette distinction est importante pour les utilisateurs qui reçoivent régulièrement de l’argent de proches ou de clients. Elle permet de mieux comprendre à quel moment des frais peuvent être appliqués.
Attention, les dépôts et les retraits ne sont pas concernés
La gratuité annoncée ne signifie pas que toutes les opérations Mobile Money deviennent gratuites. L’avis de la BCEAO porte précisément sur les transferts de monnaie électronique entre particuliers via PI-SPI.
Les dépôts d’argent auprès des points de vente et les retraits en espèces chez les agents ne sont donc pas automatiquement concernés par cette mesure. Leurs conditions tarifaires restent à vérifier auprès de chaque prestataire.
Il faut aussi comprendre que PI-SPI n’est pas une nouvelle application à télécharger. Il s’agit d’une infrastructure mise en place par la BCEAO pour permettre aux banques, aux établissements de monnaie électronique et aux autres participants connectés d’effectuer des transferts entre leurs réseaux.
Pour en bénéficier, l’utilisateur doit passer par un établissement connecté à la plateforme et qui a effectivement ouvert le service à sa clientèle.
Les transferts entre pays attendront juin 2027
Pour le moment, les nouvelles conditions tarifaires concernent les transferts nationaux. Les envois d’argent entre les huit pays de l’UEMOA ne bénéficieront des mêmes règles qu’à partir du 1er juin 2027.
Cette prochaine étape doit permettre d’étendre le dispositif aux transferts entre la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger et le Togo.
Avec cette réforme, la BCEAO cherche à faciliter les échanges entre les différents services financiers de la région. Pour les utilisateurs ivoiriens, le changement est surtout pratique, avant d’envoyer de l’argent, il faudra désormais vérifier le montant déjà transféré dans la journée et les frais annoncés par son prestataire.
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