Le village de Tiagba, dans la commune de Jacqueville, a célébré vendredi 12 septembre 2025 le retour de trois jeunes détenus plusieurs semaines pour avoir confectionné quatre-vingts tenues militaires destinées à leur fête de génération.
Dans la région des Grands-Ponts, ces cérémonies constituent un moment fort de transmission culturelle. Pour marquer l’événement, les jeunes avaient opté pour des uniformes inspirés de l’armée, symbole de discipline et d’unité.
Une initiative sans visée subversive, mais qui a enfreint la loi : en Côte d’Ivoire, la fabrication et la détention d’effets militaires sont strictement réglementées.
Alertée, la police du District de Dabou a procédé à l’interpellation des trois organisateurs, aussitôt remis à la brigade anti-terroriste. L’affaire a suscité une vive inquiétude dans le village, plongeant les familles dans l’incertitude.
Face à la gravité de la situation, le chef du village et les notables ont sollicité l’intervention d’Adjé Silas Metch, ministre délégué chargé des Sports et du Cadre de vie, originaire de la région. Après plusieurs démarches auprès des autorités, celui-ci a obtenu la libération des trois jeunes, arguant du caractère culturel et non politique de leur initiative.
De retour à Tiagba, les jeunes ont été accueillis lors d’une cérémonie sobre, mais émouvante, en présence du ministre et du député de Jacqueville, Logbo Léon. Dans son allocution, Adjé Silas Metch a rappelé l’importance du respect des lois et de la vigilance de la jeunesse, tout en réaffirmant la nécessité du dialogue entre communautés et autorités.
Cet épisode, qui aurait pu compromettre l’avenir de trois villageois, se termine sur une note d’apaisement. À Tiagba, la fête de génération prend désormais valeur de leçon : tradition et législation doivent avancer de concert, au service de la paix et de la cohésion sociale.

















