La contestation a conduit les populations à se mobiliser ce mercredi 26 août 2026. La chefferie affirme vouloir défendre un espace qu’elle considère comme faisant partie du patrimoine foncier coutumier de M’Badon. Doyens, femmes, jeunes et différentes générations du village ont participé à cette mobilisation.
Loba Alexandre, notable et porte-parole de la chefferie, explique que la communauté a voulu exprimer son désaccord face à la situation. Les responsables coutumiers rappellent que M’Badon a été reconnu officiellement comme village en 1934 et que son cimetière coutumier, qui s’étend sur environ deux hectares, aurait été intégré au plan de lotissement approuvé en 1980. Le site aurait ensuite été clôturé en 1994.
Au centre du désaccord : le statut des 7 275 m². D’après la chefferie, la parcelle aurait été attribuée à la SCI M’Badon, représentée par Laëtitia Amagou, héritière de feu Amagou Victor. Un Arrêté de Concession Définitive (ACD) aurait ensuite été délivré avant une cession du terrain à PORTEO BTP.
Pour les responsables du village, cette opération concerne pourtant une terre à caractère sacré. Dabo Paul Nicaise, notable chargé du patrimoine, maintient ainsi que la parcelle relève du foncier coutumier de M’Badon.
La famille Amagou défend une autre version. Laëtitia Amagou affirme disposer de documents administratifs établissant les droits de sa famille sur le terrain. Elle soutient notamment que l’ACD aurait été établi sur la base d’une attestation villageoise datant de 1986. Selon elle, la parcelle concernée ne fait pas partie du cimetière et la chefferie chercherait à agrandir celui-ci.
La famille se dit toutefois ouverte à un règlement à l’amiable ou à une procédure judiciaire.
Le différend a déjà été soumis à la préfecture d’Abidjan. Dans une réponse adressée à la chefferie et reçue le 24 août 2026, le secrétaire général 1, Sindou Dosso, a confirmé la réception de la plainte concernant l’ACD portant sur les 7 275 m². La préfecture précise cependant qu’elle n’est pas habilitée à trancher directement ce type de litige.
La chefferie a donc été invitée à utiliser les voies de recours prévues par la loi, notamment un recours gracieux auprès du ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de Vie ou une saisine du Conseil d’État.
Pour l’heure, la chefferie et la famille Amagou maintiennent chacune leur position. Le statut de cette parcelle de M’Badon devra désormais être clarifié à travers les procédures administratives et judiciaires engagées.
Francia Koné.

















